SONDAGE IFOP SNAT : Le tatouage est-il un art ? Les Français répondent Oui !

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SONDAGE IFOP SNAT : Le tatouage est-il un art ? Les Français répondent Oui !

Messagede Grenouille » Mar 17 Jan 2017 15:24

Le tatouage est-il un art ?
55% des français répondent oui !

50% de ceux qui n'ont jamais été tatoués,
et 9 tatoués sur 10 partagent cet avis !


A la demande du SNAT, l'IFOP a mené un nouveau sondage auprès des français afin de connaître l'engouement de la pratique depuis 2010, date de la précédente étude.
Une occasion de préciser leur regard sur le tatouage.
On apprend ainsi que 14% des Français sont tatoués (soit 7 millions de personnes), contre 10% en 2010.
27% des moins de 35 ans se sont fait tatouer, contre 18% en 2010 ;
On constate aussi que les plus jeunes sont les plus sensibles à l'acceptation du tatouage en tant qu'art, puisque 80% des 18-24 ans et 68% des 25-34 ans, tatoués ou non tatoués, approuvent cette opinion.

Le rapport complet du sondage est disponible sur le site de l'IFOP :
:arrow: Les Français et le tatouage
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Re: SONDAGE IFOP SNAT : Le tatouage est-il un art ? Les Français répondent Oui !

Messagede Grenouille » Ven 27 Jan 2017 10:35

Back to 2017 !

1997.
Fermons les yeux et respirons ce parfum du souvenir, l’odeur du Dettol pur et le bruit strident des « coils » dans l’arrière-boutique… Cet obscur palais des merveilles, hors du temps et des convenances, où il faut se mettre nu au sens propre comme au figuré pour obtenir la confiance du tatoueur et gagner ce tatouage si personnel.
En cette fin de 20ème siècle, le tatouage est encore exclusif et lie les « encrés » de tous horizons comme des frères. C’est l’époque du « tribal », de l’ouverture au grand public, de la mondialisation du « Jap », des premiers tatoueurs réalistes et des derniers petits dauphins perdus dans un océan bio-mécanique.
Tout est à construire, le tatouage se fait connaitre par la presse-papier dans un monde où internet n’est qu’un bébé balbutiant du 56kbps. De rares conventions ouvrent leurs portes à ceux prêts à parcourir kilomètres et frontières pour aller se faire tatouer ; et ceux qu’on nomme déjà des artistes tatoueurs bâtissent leur réputation sur les années d’expérience et de sacrifices. Ces années 90, brutes et merveilleuses, voient le tatouage comme une expression spontanée et libre de tout cadre sanitaire ou légal. Personne n’imagine où il en sera dans 20 ans…

2017.
Ouvrons les yeux. Le tatouage est reconnu comme un art à part entière par les médias et le grand public. Mais toujours pas par l’Etat. Se revendiquant artiste, le tatoueur est aussi devenu un professionnel. Sauf pour l’administration, qui classe son activité comme« Autres services personnels ». Elle a pourtant légiféré sur ses conditions d’hygiène, et a même consulté nos représentants, qui ont du lourdement insister pour cela. Le tatoueur vit de son art, gère son activité, répond aux règles sanitaires, et transmet son savoir aux futurs tatoueurs. La profession existe bien… Mais toujours pas sur le papier. Aujourd’hui, le doute domine la situation administrative des tatoueurs, qui s’interrogent plus que jamais sur les directions possibles pour un statut et une reconnaissance institutionnelles.

La liberté qui a caractérisé les premières générations de tatoueurs a aujourd’hui un coût. En apportant une accessibilité ouverte au matériel, une abondance d’informations et une communication facilitée par les réseaux sociaux, Internet a détruit les dernières barrières qui limitaient encore l’accès au métier à l’aube de notre millénaire.
Les villes, et même les communes rurales, se remplissent de « shops » abritant des tatoueurs souvent de bonne volonté mais pas toujours suffisamment expérimentés... A l’échelle d’un tatoueur, il est toujours possible de faire sa place ou de former quelqu’un. A l’échelle de la communauté, c’est un véritable raz-de-marée de studios et de tatoueurs : Les meilleurs subissent les travaux des moins bons, qui eux profitent et ternissent parfois la pratique dans son ensemble. L’image générale se brouille, les « codes » se perdent et le secteur évolue toujours plus vite, de manière anarchique.

Le tatouage est un art libre qui croule sous son propre poids : la cohérence qui le tenait debout par auto-régulation tend désormais à disparaitre. Les « vieux codes » pour devenir tatoueur s’effacent. Les anciens comme les nouveaux s’en inquiètent, les discussions vont bon train concernant la place du débutant, de sa formation ou du statut de l’entreprise.
Les hypothèses émises jusqu’ici sont soit mal adaptées, soit totalement irréalistes : Diplôme, convention collective, ou branche professionnelle, aucune de ces options n’apporte de réelle solution aux tatoueurs.
Un diplôme d’Etat obligatoire (CAP ou autre) impliquerait un format scolaire à mille lieux des réalités et de l’usage traditionnel de la transmission. Avec une inconnue totale concernant la qualification des « profs » et un prétexte tout trouvé pour légitimer le tatouage en série, auquel on assiste malheureusement déjà. Seules les écoles, déjà prêtes à vendre leurs formations à des vagues d’étudiants, trouveront un intérêt évident dans cette idée. Elles ont déjà amorcé le principe, comme le font les organismes qui forment les esthéticiennes à tour de bras : En inscrivant un « titre » dans le répertoire national des certifications professionnelles, on s’offre ainsi une caution officielle laissant croire à un vrai diplôme, lequel n’est pourtant aucunement reconnu par la profession.
La perspective d’une convention collective ou d’une vraie branche professionnelle pouvait sembler engageante au premier abord : Après deux ans consacrés à leur étude via un groupe de travail conseillé par des experts, le SNAT a préféré renoncer à un projet non seulement extrêmement coûteux mais qui impliquerait de nous rattacher à des professions bien éloignées de la nôtre.

Alors, que faire ?
On commence par écarter l’idée qu’il faut choisir entre un statut d’artiste et d’artisan. Si le SNAT revendique le premier, il refuse de voir ses membres s’enfermer dans un artisanat où ils ne se reconnaissent pas, et qui n’offre aucune solution nouvelle en termes de structure ou de charges fiscales et sociales. Les professionnels qui fonctionnent exclusivement comme des prestataires de service existent déjà en tant que tels : S’ils estiment que leur travail relève d’un artisanat d’art, libre à eux de défendre cette option, mais le SNAT et ses adhérents ne se retrouvent ni dans cette définition, ni dans la liste des métiers d’art déjà officiellement listés.
Nos recherches et nos réflexions sont loin d’être épuisées, et si elles sont longues et fastidieuses, on doit prendre en compte les balises déjà posées : Une réglementation sanitaire qui, si elle ne valide pas les compétences artistiques d’un tatoueur, définit au moins des conditions de sécurité pour exercer ; Un projet de norme européenne sur lequel la France, via l’AFNOR, peut exercer son influence à l’échelle de l’Europe…
Des pistes sont à creuser. Comme imaginer l’ouverture de liens avec des écoles d’art, pour mettre l’accent sur l’importance du dessin tout en privilégiant l’acquisition des techniques sur le terrain, auprès d’un professionnel expérimenté. Un exemple qui pourrait valider la formation telle qu’elle fonctionne avec succès traditionnellement.

En attendant que ces pistes se précisent, c’est à chacun de nous d’être responsable. l’absence d’un statut propre à notre art ne nous dispense pas de respecter les règles existantes, et ne nous empêche aucunement de mettre en oeuvre notre créativité jour après jour !

En 2017, continuez à défendre votre art !
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